Texte servant d’envol d’un évènement de prise de parole et de réflexion sur la démocratie au Québec.
L’évènement aura lieu samedi le 7 avril 2012 au Monument National de midi à minuit.
Lu à la vigile du 18 février 2012 par Charles Hamel
« On ne peut résoudre des problèmes avec le même système de pensée qui les a engendrés.» Albert Einstein
La puissance révolutionnaire est intacte au Québec. L’esprit de liberté qui l’innerve et s’en nourrit s’est manifesté tout au long de notre histoire. Ce serait même ce qui nous caractérise essentiellement. Enclavés dans un milieu qui diffère du nôtre sur les plans historique, culturel, politique et social, nous sommes animés d’un mouvement propre qui résiste à l’enfermement et révèle, « au-delà d’une uniformité institutionnelle et d’un lien juridique artificiel entre nous et les autres, le phénomène bien plus profond de notre indépendance »*. Ce phénomène, reconnu occasionnellement, demeure invisible le reste du temps et la puissance révolutionnaire reclose.
Certes, le Québec participe d’un portrait plus large, celui d’un monde ébranlé par un capitalisme féroce, soutenu par les gouvernements et travaillant sans relâche à la déchéance des États. L’emballement et les excès du marché mondial instaurent une concurrence généralisée qui échappe à toute forme de régulation, menaçant les acquis humanistes des révolutions française et américaine. Cette érosion de la démocratie, si elle affecte des États constitués, minant leurs assises et leur pouvoir, elle menace d’anéantissement une société comme la nôtre, sans constitution et qui cultive pourtant l’illusion de sa cohésion et de sa cohérence.
Dans cet état des choses, alors que les mouvements de révolte et d’indignation traversent actuellement le monde, ouvrant des perspectives qui semblaient hier impensables, ici, la tentation est vive de dénoncer cette fausse présence au monde qui désarme l’esprit révolutionnaire. Car sans cet esprit il ne saurait exister de démocratie.
Le 7 avril 2012, au Monument national, à Montréal, de midi à minuit, douze heures durant, nous convions toute la population à réfléchir à cette question : comment rendre visible, opérante la liberté qui nous caractérise et qui nous échappe en même temps ? La révéler ?
*Pierre Vadeboncoeur
